jeudi, 07 septembre 2006
Des vacances onéreuses...
Depuis mon hospitalisation, j'étais curieuse de connaître le montant des frais engagés par l'assurance. Le bilan est assez impressionnant :
- Frais d'hôpital : 13 000 dollars
- Frais de rapatriement : 49 000 dollars
A cela, il faudra ajouter les frais d'hôpital en France, dont je ne connais pas encore le montant.
Quant à la voiture, vu qu'elle a été déclarée épave (ben oui, pourquoi ferais-je les choses à moitié ?), le coût s'élève à 12 500 dollars.
C'est dans ces circonstance que l'on apprécie le principe de mutualisation des risques... Ajoutons que j'aurai d'autant moins de scrupules à régler mes cotisations de sécurité sociale à présent.
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mercredi, 06 septembre 2006
De l'amitié
Une petite note à ce sujet, car ça mérite d'être souligné...
Depuis mon accident le 12 août, j'ai été vraiment émue par tout le soutien reçu, que ce soit de France ou des Etats-Unis. Au-delà de la famille, présente par téléphone puis en personne de Los Angeles à Nîmes, j'ai été non pas surprise mais ravie par toute l'aide et les témoignages d'amitié que j'ai reçus.
Il y a d'abord eu Dominick et Mark. Avertis dans la nuit de l'accident, à 4h du matin heure de Washington, ils ont été formidables. Dominick a aussitôt pris un billet d'avion pour Los Angeles, et quelques heures plus tard, il était à mes côtés à l'hôpital de Loma Linda. Un sacré coup de pouce à un moment plus que difficile. Mark de son côté a géré de main de maître la logistique washingtonienne, débarassant ma chambre chez Beth et rapatriant mes affaires chez lui, avant de me faire parvenir les plus importantes (dont mon ordinateur) dans un très bref délai - avec l'aide appréciée de Kat et de David.
Ensuite, j'ai été inondée de fleurs et de coups de fil de la famille et des amis qui avaient été avertis de mes mésaventures. De Washington, de Chicago, de Virginia Beach, de Denver et de France, les appels m'ont fait chaud au coeur.
Une fois rentrée à Nîmes, les visites de la famille et des quelques amis qui vivent toujours dans la région se sont succédées.
Désormais, ce sont les mails qui arrivent...
Quel plaisir de se sentir épaulée! Alors un grand merci, du fond du coeur, à tout le monde.
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mardi, 05 septembre 2006
Fin de la route... for now
Bon.. eh ben voilà un voyage qui s'est terminé plus tôt que prévu. Preuve que j'avais vraiment besoin de vacances...
Arrivée à L.A. le 11 août vers 13h, j'ai réussi à louer une voiture après quelques embûches et j'ai tourné un peu dans la ville. Un arrêt à Venice Beach pour marcher le long de la promenade et me poser un peu sur la plage... et puis départ vers 18h en passant par Sunset Boulevard après quelques courses. J'étais parée pour partir dans le désert.
La route s'est brusquement arrêtée vers 23h30, à Loma Linda, à environ 80 km de L.A. Pas moyen de s'arrêter pour se reposer sur les autoroutes américaines. J'ai bien senti la fatigue venir. Je me suis garée une quinzaine de minutes sur la bande d'arrêt d'urgence pour piquer un somme. Mais les poids lourds passant tout à côté à des vitesses folles ne m'ont pas rassurée. Donc je me suis remise en route... plus qu'une quarantaine de miles avant d'atteindre Palm Springs et de sortir de cette Route 10 infernale. Je n'y suis pas arrivée.
Endormie au volant. Je me suis réveillée avec un grand fracas. Tourne et retourne. La voiture s'est immobilisée 10m en contrebas de l'autoroute, sens inverse à celui de la marche, et partiellement couchée sur le côté passager. Les deux airbags se sont déclenchés. Moi, j'étais retenue à mon siège par la ceinture de sécurité, une jambe côté avant de la voiture, la jambe droite pendant côté arrière. Poussière dans la bouche, fumée et petites flammes sortant du capot. Il fallait sortir de là et vite. Haut du corps intact, jambe gauche aussi. En revanche, j'ai tout de suite senti que mon pied pendait au bout de la jambe droite. Attaché par la chaussette, ou bien toujours relié à la jambe ? Pas moyen de savoir. J'ai réussi à détacher la ceinture de sécurité. L'avant de la voiture était impraticable, j'ai donc basculé à l'arrière. Je me suis extirpée par la fenêtre arrière côté passager, qui avait totalement volé en éclat. Toujours faire attention à mon pied droit. J'ai attéri sur le sol sur mon pied gauche, et j'ai rampé, sur le dos, jusqu'à la route, en maintenant le pied avec la jambe. Une fois la haut, pas moyen de me mettre debout vu l'état de ma jambe. Je me trouvais sur un bord d'autoroute, de nuit, sans moyen de me faire voir ni de prévenir qui que ce soit.
C'est là que Jessie est arrivé. J'ai entendu sa voix avec grand soulagement. Il m'a vue sortir de route, passer du milieu à la droite de la chaussée. Il s'est aussitôt arrêté et a appelé les secours. La Highway Patrol est arrivée 10 minutes environ après l'accident. Les pompiers sont arrivés 10 minutes plus tard. Minerve, goutière pour la jambe, brancard... et en route pour l'hôpital situé à 5 minutes de là.
Me voilà dans Urgences. Je n'ai toujours pas droit à des calmants. Examens multiples pour vérifier que rien n'est cassé ailleurs qu'à la jambe. Enfin ils m'anesthésient pour une première opération, courte, histoire de maintenir le pied avec la jambe. Puis on me conduit dans une chambre, où je reste jusqu'à ce qu'on vienne me chercher pour une seconde opération, vers 7h30.
La troisième anesthésie générale a lieu deux jours plus tard, dimanche. Mais pas d'intervention ce jour-là, car la jambe est trop moche. La peau a été arrachée sur 10 centimètres du côté interne de la jambe. Poser une plaque risquerait de tout infecter. Du coup ils ont nettoyé, mais rien touché.
Quatrième opération, toujours sous anesthésie générale, le mercredi suivant. Cette fois ils ont réparé la malléole externe. Mais toujours pas l'interne... pas encore possible.
Arrivée de mes parents à L.A. le vendredi et rappatriement pour la France le mercredi suivant, 23 août.
Arrivée à Nîmes le 24. En route pour 10 jours de plus à l'hôpital. J'ai été opérée une semaine après mon arrivée, le mercredi. Tibia et malléole interne, enfin opérable. Sortie de l'hôpital dimanche 3 septembre. La guérison n'est pas pour demain, pas plus que le retour à Washington. Il faudra compter plusieurs mois. Peut-être trois, peut-être plus si le tibia ne consolide pas. Alors je passe mes journées alitée, crevée par les anesthésies à répétition, le manque de sommeil, avec 5 kilos de moins qu'il y a 4 semaines.
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